Dans la pénombre dorée qui gagne le salon
Je retrouve mon siège, cette vieille sentinelle
Qui a épousé la forme de mes épaules lasses
Le monde peut bien gronder derrière les volets
Ici règne une paix que nul écran ne trouble
La porcelaine résonne comme un glas familier
Chaque soir ce même accord, cette ponctuation
Qui marque la frontière entre jour et refuge
J'ai connu l'époque où vingt heures sonnaient l'heure
Où tout un pays respirait au même rythme
Les ombres se déploient en arabesques lentes
Caressent les meubles que mes mains ont polis
Je les observe danser sans nostalgie amère
Simplement conscient de leur ballet éternel
Les modes ont défilé comme autant de saisons
J'ai vu naître et mourir tant de certitudes bruyantes
Tandis que moi je reste, gardien de l'essentiel
Ce fauteuil, cette tasse, ce silence conquis
La quiétude n'est pas donnée mais bâtie
Pierre après pierre arrachée au vacarme du monde
Didier Guy
La sagesse n'est que le silence appris après avoir épuisé tous les bruits.
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