L'Heure où le Feu se Tait

 

Dans l'âtre où le chêne en ses derniers sanglots
se consume et se tord sous l'assaut des ténèbres,
des spectres accroupis, blottis sous les arbres noirs,
taisent leur souffle épais, lourd comme un vieux remords.
L’œil humain, vaincu, voit ses flèches se briser
devant l'azur profond d'un regard sans mystère,

où l'éternel, las, pose un doigt de lumière
sur le front des vivants, marqués par l'oubli.
Une vérité nue, ardente et solitaire,
naît des souffles mêlés, des chairs enlacées,
dans ce refuge obscure où la sueur se mêle
au parfum des désirs, lentement effacés.

Là, le temps, ivre, boit la cendre de ses ailes,
tandis que la braise, avide, dévore
l'écho d'un ancien rêve, une ombre qui s'évapore,
ces hommes aux pas pressés, aux âmes de métal,
n'entendent plus monter des nuits le chant profond.
Pourtant, la peau contre peau murmure plus qu'un cri :

Elle dit l'adieu lent des cœurs à l'horizon.
Et moi, veillant encore sur ce feu qui s'achève,
je regarde en mon silence un pacte qui se rêve,
et ma solitude est une urne sans nom.

Didier Guy  

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