Dans le silence où les jours se replient,
je garde l'empreinte de tes mains sur l'eau.
Les horloges ont cessé leur complainte docile,
mais ton sourire traverse encore les rideaux.
Nous avions bâti des châteaux de promesses,
sur des rivages que la marée engloutit.
Chaque pierre portait le sceau de nos ivresses,
chaque vague emportait un fragment de nos nuit.
Les miroirs ont gardé ta silhouette fragile,
prisonnière des reflets que je n'efface pas.
Le vent disperse les cendres de l'exil,
pourtant ton nom résonne à chacun de mes pas.
J'ai planté des roses dans le jardin du manque,
leurs épines me rappellent la douceur d'hier.
Les oiseaux ont déserté nos perches blanches,
laissant les branches nues face à l'hiver.
Tes lettres jaunissent au fond d'un tiroir fermé,
témoins muets d'une langue qu'on ne parle plus.
Le parfum s'est évanoui, mais demeure l'idée,
cette constellation de gestes revenus.
Je marche dans les rues que nous arpentions ensemble,
cherchant ton ombre parmi les passant pressés.
Le monde continue sa danse qui ressemble,
à un bal masqué où je suis condamné.
Didier Guy
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