Entre les vallons de brume et de silence,
Gros-Fays s'ancre dans la pierre et le vent.
Les toits d'ardoise portent la patience
des hommes qui bâtirent, jadis, simplement,
un refuge où le temps perd sa cadence.
Chaque mur raconte un geste répété,
une main qui soulève, qui ajuste, qui pose,
le schiste gris comme une vérité
que l'on transmet sans discours ni prose,
juste le poids d'un héritage incarné.
Sous les auvents larges, l'ombre s'installe,
gardienne des secrets d'une vie entière.
Les fermes-blocs aux allures austères, pâles,
abritaient nos pères et nos grands-mères
dans cette Ardenne aux saisons brutales.
Le clocher scande encore les heures lentes,
marque le silence que nul ne rompt vraiment.
La Semois coule, invisible et serpentante,
emportant nos échos vers d'autres firmaments,
laissant ici la forêt conquérante.
Je regarde ces pierres, ce toit qui tient,
et je me souviens du labeur discret.
Gros-Fays n'a pas changé, il reste gardien
d'un monde où l'on savait encore respecter
le dur équilibre entre l'homme et le sien.
Didier Guy
La pierre ne parle pas, mais elle demeure, et c'est déjà beaucoup.
Commentaires
Enregistrer un commentaire