J'ai porté tant de masques dorés au fil des ans
Croyant que leur éclat me rendrait plus vivant
Chaque parure ajoutée comme un rempart fragile
Contre le vide immense, contre l'exil
Que je refusais de contempler en face
Les années accumulaient leurs décors fastueux
Des mots inutiles aux gestes prétentieux
Je m'alourdissais de ce que je croyais être
Sans comprendre que l'essentiel ne peut naître
Que dans l'espace nu que le silence creuse
Un matin j'ai brisé les chaînes d'apparence
Laissé tomber le faux sous son propre poids immense
Les échos superflus se sont tus d'eux-mêmes
Et j'ai reconnu ma voix, timide, blême
Mais authentique enfin dans sa fragilité
Le vide que je craignais n'était pas un abîme
Mais le socle premier, l'argile sans rime
Sur laquelle rebâtir non plus un monument
Mais simplement un homme, humble et transparent
Dépouillé de tout sauf de sa vérité
Ce qui demeure aujourd'hui n'est pas richesse
C'est l'éclat brut d'une âme sans faiblesse
Qui a su renoncer pour mieux se retrouver
Et marche désormais libre et dépouillé
Vers l'horizon enfin rendu à sa clarté
Didier Guy
L'homme ne grandit jamais autant que lorsqu'il ose
se défaire de ce qui l'encombre.
Commentaires
Enregistrer un commentaire