Je me souviens du chocolat noir et de l'orange
Ces mendiants posés sur la table en formica
Quand la radio diffusait ses refrains étranges
Et que le monde semblait tourner pour moi
Dans la cuisine où tout avait encore un poids
Les barres industrielles sont venues plus tard
Avec leurs emballages brillants et leurs promesses
Mais elles n'avaient pas ce goût de mémoire
Ni cette amertume douce qui caresse
Le palais de celui qui se souvient sans cesse
Soixante-seize, l'été des premiers émois
Les tubes passaient en boucle sur les ondes
Je croquais mon goûter après l'école, je crois
Savourant chaque seconde
De ce temps où la vie était plus profonde
Aujourd'hui je retrouve ce fondant d'autrefois
L'orange confite qui éclate sous la dent
Et je comprends pourquoi je cherche encore parfois
Ce chocolat d'antan, ce goût prenant
Qui me ramène au gamin que j'étais avant
Les douceurs modernes n'ont plus cette âme
Elles glissent sans laisser de trace vraiment
Tandis que l'amertume de jadis réclame
Sa part de vérité, obstinément
Gravée au fond du cœur, éternellement
Didier Guy
L'amertume du souvenir est plus douce que le sucre de l'oubli.
Commentaires
Enregistrer un commentaire