Entre Deux Époques

 

Les façades se souviennent encore,
pastel fané sur bois découpé,
des ombrelles qui longeaient le quai
quand le train crachait sa vapeur d'or,
et que le monde semblait posé.

Aujourd'hui les voiles claquent fort,
rouge et bleu sur l'estuaire gris,
les kitesurfs bondissent, défient
la même vague qui jadis portait
les barques lourdes vers l'infini.

Les villas gardent leur dentelle,
balcons ouvragés, bois vernis,
témoins muets d'un temps joli
où l'on prenait le frais, fidèle,
face à la Manche et ses récifs.

Mais les falaises n'ont pas changé,
brutales, droites, indifférentes,
elles ont vu passer les décennies,
les modes, les guerres, les étés,
et restent là, fières, permanentes.

Entre la grâce et la rudesse,
Wimereux tient son équilibre,
un pied dans l'histoire, l'autre libre,
portant en elle cette noblesse
d'être deux temps sans jamais se rompre.

Didier Guy

Ce qui demeure n'est jamais ce qui crie le plus fort,
mais ce qui sait tenir ensemble les contraires.

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