Il me tend son écran comme un livre ouvert
Pixels dansants où je cherche les mots
Son rire fuse, cristallin, à découvert
Tandis que je scrute ces signes trop tôt
Trop neufs pour mes yeux de vieil étranger
Je lui parle de tracts jaunis par le temps
De papiers froissés glissés sous les portes
Lui évoque des codes que je ne comprends
Des clics, des hashtags, toute une cohorte
D'idiomes nés dans le ventre d'Internet
Deux siècles nous séparent dans ce salon
Lui navigue où je me perds sans boussole
Moi j'ancre mes souvenirs comme un vieux galion
Lui surfe sur des vagues que rien ne console
De leur éphémère et fugace beauté
Pourtant nos regards se croisent, complices
Dans l'effort partagé de se traduire
Il ralentit, j'accélère, nos sacrifices
Tissent ce pont fragile où l'on peut se dire
Qu'aimer c'est d'abord accepter de décoder l'autre
Didier Guy
Communiquer n'est pas parler la même langue,
c'est vouloir se comprendre malgré tout.
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