Passerelles entre les temps

 

Ses doigts dansent sur le verre lumineux
Mes mains cherchent la texture du vélin
Elle me parle d'un monde anxieux
Je lui raconte les matins incertains
Où l'invisible traversait nos chemins

Tchernobyl flottait dans les airs du printemps
Aujourd'hui c'est le climat qui l'oppresse
Les peurs changent de nom avec le temps
Mais le cœur humain garde sa tendresse
Face aux tempêtes de notre jeunesse

Dans ce salon où l'ombre se fait douce
Deux époques posent leur bagage ancien
Elle swipe, je tourne les pages rousses
Nos gestes différents mais le lien
demeure plus fort que tous les moyens

Les algorithmes ont remplacé la radio
Pourtant nos angoisses se ressemblent tant
Elle cherche des réponses dans ses échos
Moi j'ai appris à vivre en attendant
Que la sagesse naisse du temps

Peut-être que comprendre les saisons
c'est accepter que tout se transforme
Que nos luttes ont les mêmes raisons
Et que l'amour prend toutes les formes
Entre nos mains, le monde se réforme

Didier Guy

Commentaires