Les mains qui tournent

 

Mes doigts sculptent la glaise humide,
comme jadis ils posaient l'aiguille sur le vinyle.
Le tour tourne, patient et rond,
à la cadence des saisons oubliées.

L'argile garde la trace de mes paumes,
ces rides que l'urgence n'a jamais connues.
J'ai désappris la hâte des sonneries,
réappris le poids du silence entre deux gestes.

Chaque vase naît d'une attente,
comme naissaient les mélodies sur le tourne-disque.
La terre me rappelle qu'avant,
on savait laisser mûrir les choses.

Créer, c'est retrouver ce tempo,
celui où les mains parlent plus vite que les écrans.

Didier Guy

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