Les Galettes du Souvenir

 

Je me souviens du moule en fonte,
lourd comme un serment d'autrefois,
posé sur la cuisinière lente
où la flamme murmurait tout bas
le secret des dimanches d'hiver.

Ma mère versait la pâte claire,
un geste souple, mille fois fait,
et l'odeur montait dans la maison
comme une promesse de chaleur
que rien ne pourrait effacer.

Nous étions là, tous réunis,
guettant le moment d'or et juste
où la galette, fine et dorée,
se détachait avec un soupir
pour nous offrir sa tendresse chaude.

Le beurre fondait dans nos bouches,
la douceur se mêlait aux rires,
et le temps semblait s'arrêter là,
suspendu dans cette cuisine
où le bonheur n'avait pas de fin.

Aujourd'hui, je refais le geste,
mais le moule est froid dans mes mains,
et la galette n'a plus le même goût,
comme si elle cherchait en vain
le feu qui ne brûle plus nulle part.

Didier Guy

Le passé ne se mange pas deux fois,
mais son parfum demeure.

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