Ses bras sont des cartes où le vent a séché,
des mers, des bagnes, des amours en cavale ;
Le temps y a gravé ce qu'il n'a pas osé :
Un Sahara d'espoir, une sardine qui danse, fragile.
Il porte son passé comme un vieux manteau troué,
mais sous les rires gras, sous les clins d’œil narquois,
se cache un homme qui sait que la vie a joué
avec lui, sans pitié, sans loi.
Pourtant, quand il lance ses dés sur le zinc,
quand il clame, narquois : "J'suis un dur, un vrai !",
ses yeux trahissent l'éclair d'un enfant,
un gamin qui croit encore aux matins de mai.
Les gonzesses voient tout en rose, dit-il,
mais ses poings, lourds de colères et de tendresse,
ne frappent que de l'air, que le vide, que l'exil ;
Il n'est qu'un roi sans couronne, qu'un prince en détresse.
Le soir, quand les bistrots ferment leurs rideaux,
quand les ombres s'allongent sur les trottoirs,
il marche, il rêve, il compte ses tatouages,
ces étoiles filantes, ces phares, ces espoirs.
Un jour, une femme a écrit sur sa peau :
"J'suis aimé." Deux mots, un dessin animé.
Depuis, il porte ce Sahara en son cœur,
et le monde entier n'est qu'un grand café.
Didier Guy
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