Il y a des mots qui dorment au creux des années,
des phrases entières qui n'ont jamais franchi les lèvres,
et la plume, tremblante, hésite sur le papier,
comme si écrire était déjà trop révéler,
comme si l'encre portait le poids de toute une vie.
Le silence est un refuge que l'on connait bien,
un jardin clos où rien ne blesse ni ne juge,
mais le cœur, lui, n'en peut plus de retenir,
il frappe aux portes closes de la prudence,
il réclame sa part de lumière et de vérité.
Entre le souffle et l'encre, il y a ce vertige,
cette seconde où tout bascule ou se fige,
où l'homme que je suis doit choisir son camp :
Rester dans l'ombre douce des non-dits,
ou laisser les mots tracer leur propre chemin.
J'ai porté tant de secrets comme des pierres,
des tendresses tues, des colères avalées,
des rêves gardés au fond d'un tiroir fermé,
et voilà que la page me regarde, patiente,
comme si elle savait que mon heure est venue.
Alors je pose la plume, et je laisse couler,
non pas l'encre parfaite des grands discours,
mais celle, maladroite, des cœurs sincères,
celle qui tremble encore mais qui ose enfin,
celle qui dit : j'était là, et j'ai vécu cela.
Didier Guy
Le courage n'est pas dans l'éloquence,
mais dans le premier mot tracé malgré la peur.
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