Le sirop coule, vert et trompeur,
comme un mensonge d'été trop lourd,
il mord la langue, il brûle au cœur,
et dans le verre, les glaçons sourd
tintent l'argenterie des jours.
Les pièces tombent, le jeu s'allume,
l'écran clignote, avide et bleu,
on y perd ses quarts, on y perd sa plume,
mais pas ce goût, ce feu si vieux,
qui colle aux lèvres comme un vœu.
L'arcade crache ses notes aiguës,
les boutons crissent sous les pouces,
on est roi, on est fou, on est ligué
contre le temps qui nous repousse,
mais la menthe, elle nous retient.
Vingt ans plus tard, c'est la même ruse,
un verre, un bar, un après-midi,
le sirop menthe, la même excuse
pour revivre un peu, pour s'y perdre aussi,
et croire que l'été n'a pas fui.
Didier Guy
La nostalgie est ce sirop vert :
elle brûle, mais on en redemande.
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