Tu fermes les albums où dormaient nos visages,
mes traits s'estompent sous la brume de l'oubli ;
Je feuillette l'absence, page après page,
cherchant la trace de ce que nous fûmes jadis.
Tes mains ne reconnaissent plus mes paumes,
nos chemins se défont comme de vieilles coutures ;
Le temps dessine sur ta peau d'autres royaumes,
où mon nom n'est plus qu'une ancienne écriture.
Je t'observe t'éloigner vers d'autres rivages,
pendant que je reste ancré dans notre hier ;
Tes yeux traversent mon corps sans voir le naufrage,
comme si je n'était qu'une ombre de lumière.
Les saisons défilent : tu ne te retournes plus,
mes lettres s'accumulent dans le grenier des non-dits ;
J'apprends à vivre dans cet espace perdu,
où l'on survit quand l'autre nous a choisi l'oubli.
Pourtant je garde intact le souvenir de nous,
ces fragments de bonheur que tu as balayés ;
Mes souvenirs résistent, fidèles jusqu'au bout,
alors que dans ton cœur je ne suis plus qu'effacé.
Un jour, une vie... et je disparais,
fantôme d'un amour que tu as désappris ;
Mais quelque part en moi, toujours je t'aimerai,
même si pour toi, je ne suis déjà plus qu'un oubli.
Didier Guy
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