L'Éclair et la Cendre

 

J'ai marché vers les cimes, le souffle court,
le front brûlé par l'or des sommets fous,
sans voir que chaque pas creusait mon doute,
que le vent des hauteurs rongeait mes genoux,
et que l'ombre, en bas, grandissait sans cesse.

L'éclat m'a saisi comme un piège de feu,
j'ai cru tenir le monde en mes mains ouvertes,
mais le ciel se venge de ceux qui osent trop :
Il m'a pris mon orgueil, mes forces désertent,
et me voilà, brisé, au bord du précipice.

La cendre est douce, elle parle sans bruit,
elle dit la vérité des flammes éteintes,
le prix de l'ivresse et l'ardeur punie,
je touche à mes rêves, ils ne sont que contraintes,
et mes ailes de suie ne porteront plus rien.

Pourtant, dans ce lit de braises et de vent,
je reconnais ma route, je sais mon histoire :
On ne tutoyait pas les astres impunément.
La chute est le salaire de toute gloire,
et la cendre, à la fin, console les vivants.

Didier Guy

Commentaires

  1. Bien que ce soit douloureux, il est parfois utile de se brûler les ailes afin de mieux repartir et de retrouver sa route.

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