Le Veilleur des Saisons Perdues

 

Les horloges boivent nos silences,
leurs aiguilles griffent l'espérance ;
Je feuillette l'album des saisons
où nos pas s'étaient croisés, jadis vivants.

La porte reste ouverte sur le vide :
Nul visage ne vient troubler sa pâleur,
seul le vent y dépose ses regrets,
des poussières d'autrefois... rien de plus.

Mes doigts tracent ton nom sur la vitre,
calligraphie de gel et de nostalgie ;
Chaque hiver me vole un peu de toi,
et pourtant, je demeure, sentinelle immobile.

Les passants me regardent, perplexes,
cet homme qui scrute l'horizon vain,
comme si l'impossible pouvait surgir
d'un tournant de rue, d'un souffle d'air.

J'ai appris le langage des absences,
cette grammaire où les verbes se conjuguent
Au conditionnel des chimères perdues :
Tu serais là, nous serions, tout serait...

Mais la nuit tombe sur mes certitudes,
les étoiles se moquent de ma veille ;
Elles ont vu tant d'autres avant moi
guetter des fantômes qui ne reviennent jamais.

Didier Guy

Commentaires

  1. Les êtres chers qui nous ont quittés ne disparaissent jamais ; ils sont toujours dans nos cœurs et nos pensées, au détour d'un air de musique, une phrase, un lieu ; ils surgissent sans qu'on s'y attende, comme un clin d'œil , pour nous rappeler qu'ils sont toujours là.

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