L'Attente Blanche

 

Sous le manteau rigide des matins figés,
je marche dans le souffle lent de décembre,
mes pas résonnent sur la terre engourdie,
témoins solitaires d'un monde endormi,
où le froid dessine ses arabesques d'argent.

Les arbres dressent leurs squelettes de bois,
gardiens stoïques d'une saison sans couleur,
leurs bras tendus vers un ciel d'étain,
portent le poids de mille perles glacées,
qui scintillent faiblement dans l'aube blême.

Le soleil hésite au seuil de l'horizon,
comme un voyageur las devant sa dernière étape,
sa lumière pâle effleure à peine la neige,
sans chaleur ni force pour fondre le gel,
ni courage pour réchauffer les cœurs transis.

J'observe ce paysage d'une beauté austère,
où chaque souffle se transforme en nuage,
et je sens monter en moi cette attente,
cette certitude que sous le linceul blanc,
la vie palpite encore, patiente et tenace.

Didier Guy

Même dans l'hiver le plus rude,
la terre n'oublie jamais le printemps qu'elle porte en son sein.

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