Seuil des Métamorphoses

 

Le temps dépose sa sentence sur ton front,
demain n'est plus un horizon lointain.
Les heures se bousculent, pressées de voir
ce que tu deviendras quand minuit sonnera.

Tes mains encore tendres connaîtront le poids
des choix qui sculptent les visages adultes.
L'insouciance glisse entre tes doigts
comme du sable fin que rien ne retient.

Tu franchis ce portail invisible,
celui qui sépare deux continents d'âme.
D'un côté, les rires sans conséquence,
de l'autre, les serments qui engagent la vie.

Les miroirs te renvoient un regard nouveau,
plus grave, plus dense, chargé de questions.
Qui seras-tu quand l'aube se lèvera,
quand ton nom portera le sceau des années ?

Les souvenirs de cours de récréation
s'estompent déjà dans la brume du révolu.
Tu marches vers ce demain inconnu
où les permissions deviennent des devoirs.

Pourtant, quelque chose en toi refuse
de fermer complètement cette porte ancienne.
Un fil ténu relie encore tes deux mondes,
fragile passerelle entre hier et demain.

Didier Guy

Commentaires

  1. Pour la préservation de demain, la rupture de la passerelle peut être bienvenue. Faire table rase du passé pour mieux repartir.... Martine J.

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