Quand l'Amour Devient Pays

 

Il fut un temps où mon cœur connaissait les saisons,
où le désir passait comme un nuage d'avril,
léger, imprévisible, presque fragile.
Aujourd'hui, tout s'est arrêté sur un rivage unique,
et je n'ai plus d'autre géographie que toi.

Ce n'est plus un frisson, c'est une certitude ancrée,
un continent entier logé dans ma poitrine,
une carte dont chaque ligne porte ton nom.
Je respire et c'est ton souffle que j'inspire,
je marche et c'est vers toi que mes pas se tournent.

Les autres visages glissent comme des ombres lointaines,
sans prise, sans écho, sans la moindre empreinte.
Il n'y a plus d'errance possible, plus de détour,
seulement cette évidence profonde qui m'habite :
Tu es l'horizon, et je suis le voyageur immobile.

Parfois je cherche encore l'espace pour autre chose,
un coin d'aube pour une pensée solitaire,
mais tu occupes chaque recoin, chaque silence,
Comme une mer qui aurait tout recouvert,
laissant seulement ton reflet sur chaque vague.

Ce n'est pas une prison, c'est un choix devenu nature,
une manière d'être au monde que je n'ai plus à questionner.
Mon âme a trouver son port, son ancrage,
et même si le vent souffle ailleurs, je reste,
car tu es devenue la seule terre où je peux poser les pieds.

Didier Guy 

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