Lumières du Nord

 

Les cheminées sculptent le crépuscule,
leurs silhouette droites gardent la mémoire ouvrière.
La lune glisse entre les toits d'ardoise,
déposant sa clarté sur les rues endormies.

Les pavés brillent comme des miroirs anciens,
reflétant les pas de ceux qui rentrent chez eux.
Ici, nulle grandeur tapageuse,
seulement la noblesse des jours ordinaires.

Les cafés tirent leurs rideaux de lumière,
des rires se mêlent aux fumées légères.
Le charbon a noirci les mains mais pas les cœurs,
et la tendresse fleurit entre les briques.

Sous ce ciel de coton gris et blanc,
les amours se nouent sans fanfare ni strass.
Les baisers ont le goût du pain partagé,
la douceur des gestes répétés mille fois.

La rivière chante sa complainte tranquille,
berçant les rêves modestes des riverains.
Ici, on n'attend pas de miracle,
on cueille la beauté dans l'humble quotidien.

Et quand la nuit déploie son voile apaisant,
les étoiles semblent plus proches des hommes.
Car cette terre connaît le prix des choses simples,
et célèbre la vie sans fard ni détour.

Didier Guy

  

Commentaires

  1. Superbe description du Nord de notre enfance, quand je lis ces mots, Maxence Van Der Meersch s'impose à mon esprit. Martine J.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire