Les bancs gardaient la chaleur des corps partis,
les valises portaient des adresses au crayon,
on scrutait l'horizon des rail qui s'enfuyaient,
comme si le bonheur arrivait par wagon.
Les annonces métalliques découpaient le silence,
entre deux trains, le temps semblait s'arrêter,
on fumait des cigarettes avec patience,
en regardant l'horloge nous défier.
Les enfants couraient entre les jambes des voyageurs,
pendant que les mères rajustaient leurs chapeaux,
les hommes vérifiaient l'heure avec lenteur,
chaque minute était un combat contre le repos.
Les adieux prenaient la forme d'un geste suspendu,
une main qui s'attarde, un regard qui s'accroche,
le train sifflait sa sentence d'éloignement entendu,
et l'on restait planté là, les poings dans les poches.
Aujourd'hui les quais sont des couloirs pressés,
où personne ne s'assoit pour simplement attendre,
les trains glissent sans bruit, déjà effacés,
mais moi je cherche encore ces instants à reprendre.
Didier Guy
Certaines attentes valaient mieux que toutes les arrivées.
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