À l'aube, les machines nous attendaient déjà,
fidèles compagnes de métal et de bruit,
nous entrions dans la chaleur des halls immenses,
casquette visée, gamelle sous le bras,
prêts à donner au jour sa raison d'être.
Les courroies tournaient comme des prières,
chaque coup de marteau scandait notre présence,
nous fabriquions ce qui traverse les années,
des pièces solides, des mécanismes justes,
le travail avait le poids de la durée.
Dans les pauses brèves, le pain partagé,
les mains noires de graisse et de certitude,
on parlait peu mais on se comprenait,
la fatigue commune tissait nos silences,
et dans chaque regard brillait la même flamme.
Le samedi soir, la paye dans la poche,
on marchait plus droit vers le café du coin,
non par orgueil mais par reconnaissance,
d'avoir mérité ce repos conquis,
d'avoir laissé notre empreinte quelque part.
Aujourd'hui les ateliers se sont vidés,
les machines dorment sous des bâches grises,
mais dans mes mains restent les gestes appris,
cette fierté discrète d'avoir construit,
ce que le temps lui-même ne peut défaire.
Didier Guy
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RépondreSupprimerOui les ateliers se sont vidés, mais pour qui peut entendre, les bruits des machines, les cris des hommes qui s'interpellent sont toujours là, les odeurs aussi. Grâce à la mémoire collective, ces lieux reprennent vie et c'est tant mieux. Martine J.
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