Les Bottes et le Panier

 

J'ai gardé le souvenir des matins frais,
quand les bottes de caoutchouc claquaient sur le gravier,
et que le panier d'osier, léger encore,
attendait d'être rempli de trésors d'octobre.

Derrière l'école, les bois nous appelaient,
avec leurs sentiers connus que personne ne balisait,
les girolles poussaient sous les fougères humides,
et nous marchions, les yeux au sol, dans le silence timide.

Mes mains sentaient la terre et la mousse froide,
chaque champignon trouvé était une petite joie,
pas celle qu'on crie, mais celle qu'on garde,
comme un secret qu'on protège et qu'on sauvegarde.

Le temps alors ne comptait pas ses heures,
il se laissait cueillir comme les champignons en fleurs,
on rentrait les doigts tachés, les joues rougies,
avec dans le panier les preuves de nos sorties.

Aujourd'hui, je ne cherche plus les girolles,
mais parfois, en automne, je sens leur odeur qui vole,
et je me demande si c'était la saison qui nous rendait heureux,
ou simplement le fait d'avoir le temps d'être deux.

Didier Guy
  

Commentaires