Le Souffle et la Fleur

 

Les horloges boivent nos silences,
leurs aiguilles griffent des regrets ;
Dans la ville aux mille souffrances,
chaque visage porte ses secrets.

Tu marches seul, le cœur en hiver,
les vitrines narguent ta misère ;
Tes poches vides sonnent creux,
mais au détour d'une ruelle : un feu.

Une tige abandonnée sur le pavé,
couleur d'aurore, fragile trésor ;
Un agent la prend avec douceur,
et soudain tout brille encore.

Qu'importe les fortunes envolées,
les amours parties vers d'autres ciels ;
Qu'importe les peines accumulées,
dans ce pétale vit l'éternel.

Les enfants orphelins de tendresse,
les saltimbanques sans lendemain,
tous cherchent une douce promesse,
un sourire au creux de la main.

Alors regarde : cette fleur posée,
ce geste anodin d'un gardien las ;
Dans le tumulte de l'humanité,
voilà ce qui ne périt pas. 

Didier Guy

Commentaires

  1. Alors que tout semble noir et obscur autour de soi, que tout inspire le désespoir dans ce monde individualiste, il y a toujours une petite étincelle quelque part. Il faut la chercher et la saisir pour ranimer la flamme qui mènera à la lumière, et avec elle l’espoir de retrouver un peu d’humanité.
    « Ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire 2 secondes avant le miracle »….. (Proverbe arabe)

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  2. Certaines lignes me font penser à Jacques Prévert, d’autres à Brassens et ensuite, l’espoir naît.

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