Sous la lampe qui tremblait dans la nuit tombée,
la Singer ronronnait son cantique d'acier,
mes souvenirs d'enfant viennent se rappeler
ces soirs où l'aiguille dansait sans s'arrêter,
où le temps se mesurait au fil enroulé.
Grand-mère penchée sur l'étoffe fatiguée,
transformait les vieux draps en rideaux brodés,
ses mains ridées guidaient le tissu froissé,
le cliquetis régulier berçait la veillée,
et chaque ourlet portait sa propre vérité.
La pédale grinçait sous le pied cadencé,
un rythme ancestral que rien n'a remplacé,
les bobines de fil aux couleurs du passé
alignées sur l'étagère, prêtes à être usées,
comme autant de promesses qu'on ne tient plus assez.
Je revois les robes cousues pour les mariées,
les chemises d'écolier soigneusement reprisées,
Les nappes de dimanche aux coins empesés,
tout un monde cousu main que l'on a délaissé
pour des vêtements jetables sitôt achetés.
Aujourd'hui la Singer dort sous un vieux châle,
relique d'un temps où chaque point était vital,
où l'on rafistolait plutôt que de tout jeter,
où les gestes patients avaient encore leur place,
et où les mains savaient encore créer.
Didier Guy
De très beaux souvenirs, maman me cousait mes robes quand j'étais petite et je me rappelle de mon plus beau cadeau de Saint-Nicolas, un berceau de poupée fabriqué par papa qu'elle avait habillé d'un joli tissu à plumetis. La dernière fois que maman a cousu pour moi, c'était pour ma première "boum", une robe en vichy jaune et blanc.
RépondreSupprimerNon rien n'était jeté, chez moi les vieux draps se transformaient en torchons à vaisselle.
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