Valse du vertige

 

Elle pose sa main sur l'inconnu,
un cavalier sans visage ni nom,
dont les doigts promettent l'absolu,
et les yeux, mille directions.

La piste tourne comme une horloge ivre,
les violons griffent l'air de leurs archet,
elle se laisse glisser, vivre,
dans cette ronde où tout est secret.

Ses pieds ne touchent plus le sol,
ses cheveux défont leurs tresses,
le monde devient un symbole,
de cette étrange allégresse.

Elle sait que la musique ment,
que demain viendra le silence,
mais ce soir, dans le tournoiement,
elle embrasse toute l’existence.

Les autres danseurs disparaissent,
il ne reste que cette étreinte,
qui la soulève et la blesse,
dans une harmonie feinte.

Quand l'orchestre s'éteindra enfin,
que les lampions perdront leur lueur,
elle tombera, mais c'est bien,
d'avoir connu cette grandeur.

Didier Guy




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