Ce soir-là, nous étions tous suspendus
Au grain tremblant de l'écran noir et blanc
Les fantômes flous d'hommes devenus
Plus grand que nature en cet instant
Papa serrait l'accoudoir en retenant son souffle
La voix du commentateur crépitait
Entre les parasites et l'électricité
Maman avait posé son tricot
Mon frère ne bougeait plus, subjugué
Comme si le silence pouvait tout briser
Puis l'homme a bondi sur la poussière grise
D'un monde que nos rêves n'osaient pas
Le salon s'est empli d'une fierté reprise
En chœur, des larmes que l'on ne voit pas
L'impossible venait de devenir réel
Le lendemain, dans la cour d'école
Nous étions tous astronautes en herbe
Nos cartables devenaient des capsules
Nos craies traçaient des orbites superbes
On marchait au ralenti, conquérants maladroits
Aujourd'hui, Mars défile sur un écran tactile
Entre deux notifications sans éclat
On survole l'infini d'un geste futile
Mais ce soir de juillet reste là
Gravé dans la mémoire de ceux qui ont cru
Didier Guy
L'émerveillement ne vieillit pas, il attend simplement qu'on le réveille.
Jamais on n'oubliera ce moment, un petit pas pour l'homme,! Pour l'humanité, pas sûr...
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