Nous avons partagé les années comme on partage le pain,
sans compter les miettes ni mesurer les portions,
simplement heureux de ce festin quotidien
que le monde offrait à notre humble passion.
Les printemps ont fleuri dans le jardin secret
où nos rires dansaient parmi les herbes folles,
et chaque été brûlait d'une ferveur parfaite,
consumant nos doutes dans ses flammes bénévoles.
L'automne nous trouva plus sages, peut-être,
ou simplement lassés de courir après le vent,
préférant la douceur d'une fenêtre
où contempler ensemble le vol des oiseaux blancs.
Puis vint l'hiver avec sa neige impitoyable,
effaçant les sentiers que nous avions tracés,
mais j'ai tenu ta main dans la tourmente implacable,
refusant que le froid nous ait séparés.
Aujourd'hui que ma voix devient plus fragile,
je te raconte encore nos étés d'autrefois,
espérant qu'au détour d'un souvenir docile
tu reconnaîtras l'homme qui t'aimait, c'est moi.
Car l'amour véritable ne connaît point de fin,
il persiste au-delà des brumes de l'esprit,
fidèle compagnon jusqu'au dernier matin,
gardien d'une promesse que rien n'a contredit.
Didier Guy
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