L'Horlogerie du Désire

 

Les heures sont des voleuses masquées,
dérobant nos silences entrelacés.
Tu respires contre mon épaule nue,
pendant que l'horizon nous dévalue.

Je voudrais coudre les paupières du monde,
suspendre les aiguilles dans leur ronde,
faire de cette chambre un sanctuaire
où le soleil n'aurait plus de repères.

Tes cheveux dessinent des cartographies
sur l'oreiller blanc de nos nostalgies.
Déjà la ville s'éveille dehors,
réclamant nos corps comme un trésor.

Comment lutter contre cette évidence
qui transforme l'amour en souffrance ?
Les matins sont des juges sans pitié,
condamnant nos nuits à l'oubli forcé.

Je compte tes battements de cœur,
monnaie dérisoire contre la peur.
Chaque seconde devient bataille
contre l'aurore qui nous tenaille.

Reste encore dans ce lit-forteresse,
où le temps perd toute sa justesse,
où nos peaux parlent un dialecte
que le jour ne pourra défaire. 

Didier Guy
  

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