Sous les paupières lourdes, une mer tranquille,
la voix intérieure glisse sur une rive douce,
les mains se reposent, ouvertes comme la pluie,
sans chercher à retenir le passage muet.
Les jours s'emplissent de chair invisible,
où l'air se penche pour caresser le souffle,
et le cœur, sans hâte, refuse la mesure,
dans un éclat discret qui ne se brise pas.
Les pensées s'étirent comme fibres anciennes,
un murmure s’endort au creux des veines,
les gestes sont des pierres posées en silence,
qui ne craignent ni l'ombre ni le délai.
Sous le front apaisé brûle un feu lent,
il tisse encore la patience des bois,
et les yeux, liés au seuil du sommeil,
boivent la lumière comme un héritage.
Au loin, rien n'appelle, tout demeure ici,
le monde s'apaise dans sa gravité simple,
et l'homme écoute le présent s'ancrer,
dans un port invisible que nul ne nomme.
Didier Guy
Commentaires
Enregistrer un commentaire