Dans les replis secrets de ma chair,
subsiste encore la trace d'un jardin
où l'enfant que je fus, sans bruit, s'oublie,
sanctuaire intact d'un autre matin
Mes mains d'homme ont creusé tant de sillons,
mes yeux ont vu s'effriter les chimères,
que ce refuge aux tendres pavillons
vacille sous mes pensées amères.
Je porte en moi cette double nature :
L'innocence lovée au fond du cœur,
et si la raison qui blesse et qui dénature
ce qui fut jadis ma seule douceur.
Chaque jour davantage, je m'éloigne
de cette source où tout était permis,
où le rêve fleurissait sans vergogne
dans l'insouciance de mes habits.
Pourtant, quand vient l'heure où tout se tait,
je retrouve parfois cette contrée
où rien encore ne s'était défait,
où ma joie coulait, libre et sacrée.
Mais déjà l'aube chasse ces instants,
et je reprends ma marche solitaire,
gardien fragile de ces vestiges blancs
que menace ma propre colère.
Didier Guy
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