Si l'horloge acceptait de reculer ses aiguilles,
je marcherais pieds nus sur les saisons perdues,
récoltant dans mes paumes les instants qui scintillent,
ces fragments de lumière que j'avais méconnus.
Les erreurs sont des pierres au fond de ma rivière,
elles ralentissent le courant de mes années,
je voudrais les saisir, les jeter en arrière,
pour que l'eau coule libre vers un nouveau quai.
Mes mains tremblent encore des gestes inachevés,
des caresses offertes trop tard ou jamais,
des regards détournés quand il fallait oser,
des silences gardés quand les mots libéraient.
La vie n'offre qu'un passage, une seule représentation,
mais mon cœur réclame un rappel, une seconde chance,
pour danser différemment sous la même constellation,
pour transformer le regret en pure insouciance.
Je referais le voyage avec d'autres bagages,
moins de peurs dans ma valise, plus de rires au départ,
j'accepterais les tempêtes comme part du paysage,
et je boirais chaque instant jusqu'au dernier regard.
Mais le temps ne revient pas, il avance sans merci,
alors j'apprendrai à vivre avec mes cicatrices,
à transformer mes remords en leçons pour aujourd'hui,
car chaque aube nouvelle est une page complice.
Didier Guy
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